Tannage primitif au gras et à la fumée

Le traitement des peaux à la préhistoire

La nature des outils retrouvés ne laisse pas de place au doute : il y a 50.000 ans, notre cousin, l’homme de Néandertal, transformait déjà les peaux des animaux en cuir, pour se vêtir et se protéger des intempéries. Si, depuis, les processus se sont transformés et industrialisés, le tannage est toujours pratiqué à l’ancienne dans certains coins du monde, comme chez les Amérindiens par exemple.

Parmi les nombreux outils en pierre taillée retrouvés sur les sites paléolithiques, on retrouve en particulier les grattoirs. Leur usage n’est pas connu avec certitude, les chasseurs s’en servaient probablement pour gratter les peaux. Cette hypothèse d’utilisation semble se confirmer par l’étude des micro-traces d’usure encore visibles sur les outils.

Les outils en silex ne sont pas les seuls vestiges du travail des peaux, on trouve également quantité d’objets en os ou en bois de cerf qui auraient pu servir pour l’écharnage et l’assouplissement des peaux.

Les grandes peaux peuvent être tendues sur des cadres en bois ou maintenues tendues au sol par des piquets aux extrémités de la peau. Il n’est généralement pas nécessaire de tendre les petites peaux pour la fourrure.

Pourquoi les matières grasses animales?

Pour les populations chasseurs-cueilleurs en périodes glaciaires, les matières végétales sont plus rares (tanins), les populations préhistoriques se sont donc naturellement tournées vers les ressources animales plus présentes et régulièrement au menu. Elles savaient valoriser l’entièreté des animaux chassés (os, tendons, dents…) et notamment la cervelle qui est excellente pour la transformation des peaux. D’autres matières grasses peuvent servir à la stabilisation des peaux, comme le jaune d’œuf ou les huiles de poissons.

Photo: Animation tannage primitif à Samara

Le processus d’assouplissement des peaux est primordial pour la confection des vêtements et des accessoires. C’est donc le travail mécanique qui va modifier la structure interne de la peau, facilité par la matière grasse appliquée en surface et pendant tout le séchage de la peau. Le second ingrédient pour la réussite est donc l’huile de coude!
Le tannage au gras convient à tout type de peau ou presque (on oublie le sanglier), de la petite fourrure de lapin aux bisons, les étapes de travail sont pratiquement les mêmes.
Il est également possible d’obtenir des cuirs sans poils, soit épiler par grattage à sec, soit par fermentation contrôlée ou alcalinisation de la peau avec de la cendre notamment.
Plus tard on voit apparaître l’utilisation de la chaux éteinte qui facilite également la chute des poils en vue de produire les cuirs (voir tannage végétal durant l’antiquité).

Photo: Cuir de cerf et fourrure de coyote tannés à la cervelle avant fumage.

 

Avec ou sans épiderme?

Il est possible d’obtenir différents cuirs tannés au gras, avec l’épiderme également appelé « fleur » ou sans épiderme, type « chamois » ou encore buckskin.

Les cuirs sans épidermes sont davantage intéressants pour la confection des vêtements car ils sont plus respirants, tandis que les cuirs dits « pleine fleur » seront plus étanches. Les fourrures étaient également utilisées pour la protection au froid, mais aussi de la pluie, car le poil conserve leur qualité déperlante dans une certaine limite.

Photo: Costume néolithique entièrement tanné et cousue à la main au fil de tendons

Qu’est-ce que le buckskin ?

C’est un type de cuir souple et naturel, sain pour la peau. Il est employé depuis de milliers d’années par les peuples natifs américains et aussi par nos ancêtres préhistoriques en Europe. C’est un cuir sans fleur (sans épiderme), imprégné de matière grasse, puis fumé, réalisable à partir de peaux animales comme le cerf, le daim, le chevreuil.

Si vous souhaitez vous former au traitement des cuirs et des fourrures rendez-vous à la rubrique: stage tannage au gras et fumé

Photo: Les peaux et fourrures sont fumées naturellement dans les habitations préhistoriques ou en fumoir.