Récemment, j’ai terminé cette commande pour le château a motte de Verrière en Anjou.
Il s’agit du jeu d’échecs de Noyon. Entièrement réalisé à la main et en bois de cerf.
Le jeu d’échecs de Noyon est l’un des plus anciens jeux d’échec retrouvé en France.
Ces dix pièces en bois de cervidés, deux rois, une reine, un fou, deux cavaliers, deux tours, deux pions, ont été découvertes lors de fouilles dans un puits réutilisé en latrines au début du XIe siècle.
Les figures sont d’un seul bloc, à l’exception des rois et sans doute de la reine dont les têtes schématiques sont fixées au corps par une tige insérée dans la masse spongieuse

Le vêtement des personnages est suggéré par des cannelures verticales.
Des hachures présentes par endroits sur une partie seulement des figurines devaient permettre de distinguer les deux camps. Ces différents éléments sont donc à priori l’œuvre d’un même artisan local. Le style relativement abstrait reste proche de celui des jeux d’échecs arabes. Originaire d’Inde, ce jeu est introduit en Europe dans la deuxième moitié du xe siècle via le monde arabo-musulman.

Vous vous demandez peut-être pourquoi tous les pions sont blancs?
Et comment faire la distinction entre les camps?
À l’origine, le jeu opposait des pièces rouges et noires pour distinguer les deux camps sur l’échiquier.
L’examen détaillé des pièces de Noyon n’a pas révélé de coloration, notamment par la présence de pigments piégés au fond des cannelures comme c’est le cas pour des pièces contemporaines.
À défaut d’une distinction avérée par la couleur, les pièces de chaque camp pouvaient être identifiées par une ornementation différentes.
Ainsi, sur l’un des rois, les reliefs du vêtement sont soulignés par de courtes lignes en hachures.

Toutes les pièces ont été réalisées à la main sans aucune machine électrique, seulement avec des reproductions d’outils d’époque pour obtenir un résultat le plus proche possible de l’original.
