Ce rassemblement, organisé par Markus Klek, a eu lieu au cœur de la nature suédoise au mois de février.
Nous étions six personnes de divers horizons, rassemblées pour expérimenter le quotidien du paléolithique final. Chaque participant avait confectionné son propre matériel.
Le premier jour, fut celui de l’installation dans les habitats traditionnels Saami appelés Gohati. Cette structure en bois couverte d’écorce de bouleau et de terre est proche de ce que les populations du paléolithique auraient pu concevoir. Ils sont relativement sombres et enfumés mais offrent un lieu de protection idéal pour les conditions extrêmement froides.
Le deuxième jour un jeune renne nous à été fourni par les éleveurs de rennes Saami, afin de préparer notre subsistance pour l’entièreté du séjour. Ce sera notre principale base alimentaire. L’animal fut entièrement dépecé et découpé à l’aide de lames de silex et de couteaux en silex. Puis la viande fut emballée dans la peau et suspendue entre les arbres pour éviter d’être mangée par d’éventuels prédateurs.
Le troisième jour, fut le jour de la pêche sur le lac gelé à quelques kilomètres du campement. Accompagnés par notre guide Richard Rees, nous nous installâmes sur la rive pour un repas de viande d’élan grillée. Puis vient le moment tant attendu par tous : le perçage de la glace. Et pour cela, il faut s’armer de patience et de courage car il faut environ une heure pour réaliser un trou d’une vingtaine de centimètres de diamètre dans une glace épaisse de 60cm. Bien que cette partie de pêche soit un échec, ce fut l’occasion de nous rendre compte des difficultés ainsi que des problèmes liés à un matériel mal adapté aux conditions (hameçons trop gros, difficulté à se procurer des appâts en conditions hivernales…).
Le quatrième jour, nous préparons nos équipements pour partir expérimenter la marche de trois jours. Lors de cette marche, nous eûmes l’occasion d’éprouver le matériel dans des conditions climatiques assez changeantes, alternant entre ensoleillement et tempête de neige. Les vêtements en fourrure de renne sont bien chauds pour la marche même par -10 degrés. Il faut donc régulièrement s’arrêter pour enlever des couches de vêtements et les remettre dès que le temps change, ce qui peut arriver plusieurs fois dans la journée. En fin de journée, il faut trouver un lieu de bivouac entre les arbres pour se protéger au mieux des chutes de neige, puis faire un feu pour nous réchauffer. Produire un feu par temps froid n’est pas chose aisée, et là aussi il faut une bonne préparation du matériel ainsi que de la matière sèche et inflammable comme l’écorce de bouleau. Personnellement, les nuits à la belle étoile dans la neige furent pour moi une très bonne expérience. Mon sac de couchage en peau de renne a parfaitement rempli sa fonction. De plus, une bonne paire de chaussons en fourrure de renne pour dormir permet de garder ses pieds bien au chaud. L’une des principales difficultés fut celle de trouver de l’eau sous forme liquide pour s’hydrater. Mais heureusement, dans la nature suédoise, les rivières ou les lacs sont abondants.
Les derniers jours, nous occupâmes nos journées essentiellement à reprendre des forces ainsi qu’à expérimenter le travail des matières animales. Ce fut également l’occasion de tester mes skis par une belle journée. Verdict! Les skis primitifs ne permettent pas de glisser réellement mais facilitent le déplacement, comme les raquettes à neige dans la neige profonde.
Ce fut pour moi une très belle expérience, qui m’a permis d’en apprendre plus sur mon équipement. Un réajustement de la luge sera nécessaire pour la prochaine sortie, mais dans l’ensemble je suis relativement confiant. Je prévois d’ores et déjà une prochaine expédition hivernale!


























