Stone Age Winter camp 2026

Stone Age Winter camp 2026

Ce rassemblement, organisé par Markus Klek, a eu lieu au cœur de la nature suédoise au mois de février.
Nous étions six personnes de divers horizons, rassemblées pour expérimenter le quotidien du paléolithique final. Chaque participant avait confectionné son propre matériel.

Le premier jour, fut celui de l’installation dans les habitats traditionnels Saami appelés Gohati. Cette structure en bois couverte d’écorce de bouleau et de terre est proche de ce que les populations du paléolithique auraient pu concevoir. Ils sont relativement sombres et enfumés mais offrent un lieu de protection idéal pour les conditions extrêmement froides.

Le deuxième jour un jeune renne nous à été fourni par les éleveurs de rennes Saami, afin de préparer notre subsistance pour l’entièreté du séjour. Ce sera notre principale base alimentaire. L’animal fut entièrement dépecé et découpé à l’aide de lames de silex et de couteaux en silex. Puis la viande fut emballée dans la peau et suspendue entre les arbres pour éviter d’être mangée par d’éventuels prédateurs.

Le troisième jour, fut le jour de la pêche sur le lac gelé à quelques kilomètres du campement. Accompagnés par notre guide Richard Rees, nous nous installâmes sur la rive pour un repas de viande d’élan grillée. Puis vient le moment tant attendu par tous : le perçage de la glace. Et pour cela, il faut s’armer de patience et de courage car il faut environ une heure pour réaliser un trou d’une vingtaine de centimètres de diamètre dans une glace épaisse de 60cm. Bien que cette partie de pêche soit un échec, ce fut l’occasion de nous rendre compte des difficultés ainsi que des problèmes liés à un matériel mal adapté aux conditions (hameçons trop gros, difficulté à se procurer des appâts en conditions hivernales…).

Le quatrième jour, nous préparons nos équipements pour partir expérimenter la marche de trois jours. Lors de cette marche, nous eûmes l’occasion d’éprouver le matériel dans des conditions climatiques assez changeantes, alternant entre ensoleillement et tempête de neige. Les vêtements en fourrure de renne sont bien chauds pour la marche même par -10 degrés. Il faut donc régulièrement s’arrêter pour enlever des couches de vêtements et les remettre dès que le temps change, ce qui peut arriver plusieurs fois dans la journée. En fin de journée, il faut trouver un lieu de bivouac entre les arbres pour se protéger au mieux des chutes de neige, puis faire un feu pour nous réchauffer. Produire un feu par temps froid n’est pas chose aisée, et là aussi il faut une bonne préparation du matériel ainsi que de la matière sèche et inflammable comme l’écorce de bouleau. Personnellement, les nuits à la belle étoile dans la neige furent pour moi une très bonne expérience. Mon sac de couchage en peau de renne a parfaitement rempli sa fonction. De plus, une bonne paire de chaussons en fourrure de renne pour dormir permet de garder ses pieds bien au chaud. L’une des principales difficultés fut celle de trouver de l’eau sous forme liquide pour s’hydrater. Mais heureusement, dans la nature suédoise, les rivières ou les lacs sont abondants.

Les derniers jours, nous occupâmes nos journées essentiellement à reprendre des forces ainsi qu’à expérimenter le travail des matières animales. Ce fut également l’occasion de tester mes skis par une belle journée. Verdict! Les skis primitifs ne permettent pas de glisser réellement mais facilitent le déplacement, comme les raquettes à neige dans la neige profonde.

Ce fut pour moi une très belle expérience, qui m’a permis d’en apprendre plus sur mon équipement. Un réajustement de la luge sera nécessaire pour la prochaine sortie, mais dans l’ensemble je suis relativement confiant. Je prévois d’ores et déjà une prochaine expédition hivernale!

 

La quête du jade

La quête du jade

La quête du Jade
Il y a deux semaines de cela, nous avons retracé avec mon ami Giovanni (@bois.pierre.et.os) , les chemins de nos ancêtres néolithique à la recherche de cette roche tant convoitée : la jadéite du mont Viso.
Durant quatre jours, nous avons arpenté les cols et les vallées du piedmont dans les Alpes italiennes pour retrouver les carrières d’extraction de roches vertes de type jadéitite datant du Ve millénaire av. J.-C.
C’est entre 1700 et 2400 mètres d’altitude que l’on découvre les sites, des abris sous roche où des générations de tailleurs de pierre se sont succédé pour extraire et façonner différents types de roches comme la jadéite mais également des éclogites, omphacitites, serpentinites, et des néphrites.
Les conditions en montagne à cette saison étant particulièrement froides et humides (premières neiges et gelée matinale, brouillard permanent), nous avons été assez restreints dans nos déplacements mais nous avons pu collecter de beaux échantillons qui seront valorisés plus tard sous forme de haches.
Ce fut également l’occasion de tester notre équipement néolithique. Les chaussures ont été durement éprouvées avec l’humidité constante. Les vêtements de fourrure ont été très appréciés surtout pendant les gelées nocturnes et le brouillard. Dans l’ensemble ce fut une belle expérience, riche en apprentissages.
Nous prévoyons déjà une prochaine excursion en été pour profiter au mieux des bonnes conditions afin de collecter de nouveaux blocs.
Du cuir rouge à la préhistoire?

Du cuir rouge à la préhistoire?

Ma dernière expérimentation portait sur le tannage au gras (cervelle) avec incorporation de pigment naturel (ocre à base d’hématite) en vue de teindre le cuir.

Les utilisations de l’ocre par les hommes du Paléolithique sont nombreuses et variées depuis près de 250 000 ans.

L’ocre est une roche ferrique composée d’argile colorée par un hydroxyde de fer: l’hématite pour l’ocre rouge, la limonite  pour la brune et goethite pour la jaune.
Outre l’utilisation de l’ocre dans les grottes ornées, son emploi aurait également permis de colorer et protéger les cuirs et fourrures de vêtements des hommes et des femmes de la préhistoire.
Les oxydes de fer n’ont cependant aucune action chimique assimilable à celle d’un tannin sur la peau car ils ne sont pas solubles dans l’eau, ce qui fait qu’ils ne peuvent pas imprégner le derme, s’y fixer et induire le réarrangement des fibres de collagène. De ce fait, le fer, à l’état d’oxydes, ne permet pas de conserver durablement la peau.
Un grand nombre de sépultures ocrées ont été découvertes en Eurasie, de l’extrémité ouest en Espagne jusqu’à la Russie à Sungir. Même si la plupart sont datées du Gravettien, leur diversité géographique et chronologique montre une pratique culturelle récurrente.
Les vêtements en cuir couverts d’ocre en se décomposant, auraient recouvert les squelettes.
On suppose également que l’ocre était utilisé à des fins rituels.

Un exemple plus récent, en Amérique du Nord, Les Béothuks étaient les habitants autochtones de l’actuelle région de Terre-Neuve  au Canada.

Pour se protéger des moustiques, les béothuks enduisaient leur corps et leur chevelure d’ocre rouge pilé mélangé avec de l’huile ou de la graisse. Leurs vêtements et leurs armes étaient également couverts d’ocre rouge ce qui a amené les Européens à nommer les Béothuks, « Peaux-Rouges ».